INTRODUCTION.
CXLI
je puis ainsi dire, à l’image confuse produite par l’impression descaractères extérieurs, et la rend distincte. La vue des caractèresrappelle les traces des sons qui leur répondent; et ces traces, semêlant aux sons confus de la voix, les font distinguer. La peurtransforme souvent de cette manière les objets qu’une trop faiblelumière ne lait pas reconnaître, en objets effrayants qui ont aveceux de l’analogie. L’image de ces derniers objets, fortement re-Iracée dans le sensorium par la crainte, se rend propre l’impres-sion des objets extérieurs. Il est important de se garantir de cettecause d’illusion, dans les conséquences que l’on tire d’observationsde choses qui ne font qu’une impression très-légère: telles sontles observations de la dégradation de la lumière à la surface desplanètes et des satellites, d’où l’on a conclu l’existence et l’inten-sité de leurs atmosphères et leurs mouvements de rotation. 11est souvent à craindre que des images intérieures ne s’assimilentces impressions et le penchant qui nous porte à croire à l’exis-tence des choses que représentent les impressions reçues par lessens.
Ce penchant remarquable tient à un caractère particulier quidistingue les impressions venant du dehors, des traces produitespar l’imagination ou rappelées par la mémoire. Mais il arrivequelquefois, par un désordre du sensorium ou des organes quiagissent sur lui, que ces traces ont le caractère et la vivacité (lesimpressions extérieures : alors, on juge présents leurs objets, onest visionnaire. Le calme et les ténèbres de la nuit favorisent cesillusions qui, dans le sommeil, sont complètes et forment lesrêves, dont on aura une juste idée, si l’on conçoit que les tracesdes objets qui se présentent à notre imagination dans l'obscu-rité acquièrent une grande intensité pendant le sommeil.
Tout porte à croire que, dans les somnambules, quelques-unsdes sens ne sont pas complètement endormis. Si le sens du tou-cher, par exemple, reste encore un peu sensible au contact des