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Tome septième.
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CXLIII
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INTRODUCTION.

cxi.iii

Un caractère particulier distingue des produits de l’imagina-tion les traces rappelées par la mémoire, et qui sont dues auximpressions des objets extérieurs. Il nous porte, comme par ins-tinct, à reconnaître l’existence passée de ces objets, dans l’ordreque la mémoire nous présente. Les expériences que nous faisons,à chaque instant, de la vérité des conséquences que nous en tironspour nous conduire, fortifient ce penchant. Quel est le mécanismequi, dans cette opération du sensorium, détermine notre juge-ment? Nous l’ignorons, et nous ne pouvons en observer que leseffets. En vertu de ce mécanisme, les traces de la mémoire, quoi-que faibles, nous font apprécier leur intensité primitive, que nouspouvons ainsi comparer aux impressions semblables d’objets pré-sents. Nous jugeons de cette manière qu’une couleur, que nousavons vue la veille, était plus vive que celle qui frappe mainte-nant notre vue.

Les impressions qui accompagnent les traces de la mémoireservent à nous en rappeler les causes. Ainsi, lorsqu’au souvenird’une chose qui nous a été dite se joint le souvenir de la confianceque nous avons donnée au narrateur; si son nom nous échappe,nous le retrouvons, en rappelant successivement les noms de ceuxqui nous ont entretenus jusqu’à ce que nous parvenions au nomqui nous a inspiré cette confiance.

Les objets présents que nous avons déjà vus réveillent les tracesdes choses qui, dans la première vue, leur étaient associées. Cestraces réveillent semblablement celles d’autres objets, et ainsi desuite, en sorte qu’à l’occasion d’une chose présente, nous pouvonsen rappeler une infinité d’autres et arrêter notre attention surcelles que nous voulons considérer.

Les impressions reçues dans l’enfance se conservent jusquedans 1 extrême vieillesse, et se renouvellent alors même que desimpressions profondes de l’âge mûr sont entièrement effacées. Ilsemble que les premières impressions gravées profondément dans