INTRODUCTION.
CXLV
sorium, sans rien affirmer sur leur nature et sur leurs causes,comme en mécanique on n’exprime que des effets, par les motsforce, attraction, affinité, etc.
Les opérations du sensorium et les mouvements qu’il fait exé-cuter deviennent plus faciles et comine naturels par de fréquentesrépétitions. De ce principe psychologique découlent nos habi-tudes. En se combinant avec la sympathie il produit les coutumes,les mœurs et leurs étranges variétés. 11 fait qu’une chose généra-lement reçue, chez un peuple, est regardée par un autre avechorreur. Les combats de gladiateurs, dont les Romains aimaientpassionnément le spectacle, et les sacrifices humains qui souillentles annales des nations, nous paraîtraient horribles. Quand onconsidère l’état déplorable des esclaves, l’avilissement des pariasdans l’Inde , et l’absurdité de tant de croyances contraires à laraison et au témoignage de tous nos sens, on est affligé de voirjusqu’à quel point l’habitude de l’esclavage et les préjugés ont dé-gradé l’espèce humaine.
Cette disposition que la fréquence des répétitions donne ausensorium rend très-difficile la distinction des habitudes acquisesd’avec les penchants, qui, dans l’homme, tiennent à son organi-sation; car il est naturel de penser que l’instinct, si étendu et sipuissant chez les animaux, n’est pas nul dans l’espèce humaine,et que l’attachement d’une mère à son enfant en dérive. La doubleinfluence de l’habitude et de ia sympathie modifie ces penchants,souvent elle les fortifie; quelquefois elle les dénature au point deleur substituer des penchants contraires. Quelques observationsfaites sur l’homme et sur les animaux, et qu’il est très-intéressantde continuer, nous portent à soupçonner que les modifications dusensorium auxquelles l’habitude a donné une grande consistancesont transmises des pères aux enfants par voie de génération,comme plusieurs dispositions organiques.
La facilité qu’un exercice fréquent donne aux organes est telle
TOME VII.
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