CXLVI
INTRODUCTION.
qu’ils continuent souvent d’eux-mêmes les mouvements que la vo-lonté leur imprime. Lorsqu’en marchant nous sommes fortementoccupés d’une idée, la cause qui renouvelle à chaque instant notremouvement agit sans le concours de notre volonté, et sans quenous en ayons la conscience. On a vu des personnes surprises enmarchant, parle sommeil, continuer leur route et ne se réveillerque par la rencontre d’un obstacle. 11 paraît qu’en vertu d’unedisposition que la volonté de marcher donne au système moteur,la marche continue, à peu près comme le mouvement d’unemontre est entretenu par le développement de son ressort spiral.Un dérangement dans l’économie animale peut produire cette dis-position. Alors la marche est involontaire, et je tiens d’un méde-cin éclairé, que dans une maladie de ce genre qu’il avait traitée,le malade ne pouvait s’arrêter qu’en se tenant à un point fixe.Les observations des maladies peuvent ainsi répandre un grandjour sur la psychologie, quand les médecins joignent aux con-naissances de leur art et des sciences accessoires, l’esprit d’exac-titude et de critique que donne l’étude des mathématiques, et spé-cialement de la science des probabilités.
D’après ce que nous avons dit sur l’inlluencc réciproque destraces du sensorium, on conçoit que la musique, par de fré-quentes répétitions, peut communiquer à nos mouvements larégularité de sa mesure. C’est ce que l’on observe dans la danseet dans divers exercices où la précision des mouvements ainsirégularisés nous semble extraordinaire. Par cette régularité, lamusique rend généralement plus faciles les mouvements que plu-sieurs personnes exécutent à la lois.
Un phénomène psychologique très-remarquable est la grandeinfluence de l’attention sur les traces du sensorium. Elle enaccroît la vivacité en même temps quelle affaiblit les impressionsconcomitantes. Si nous regardons fixement un objet, pour y dé-mêler quelques particularités,Tattention peut nous rendre insen-