CXLVIII
INTRODUCTION.
vibration remonte jusqu’à la main quelle fait mouvoir à son tour.Ces mouvements réciproques deviennent faciles par la fréquencede leurs répétitions.
Les effets de ce principe sur la croyance sont remarquables.La croyance ou l’adhésion que nous donnons à une propositionest ordinairement fondée sur l’évidence, sur le témoignage dessens, ou sur des probabilités : dans ce dernier cas, son degré deforce dépend de celui de la probabilité, qui dépend elle-mêmedes données que chaque individu peut avoir sur l’objet de sonjugement.
Nous agissons souvent en vertu de notre croyance sans avoirbesoin d’en rappeler les preuves. La croyance est donc une mo-dification du sensorium, qui subsiste indépendamment de cespreuves quelquefois entièrement oubliées, et qui nous détermineà produire les actes qui en sont les conséquences. Suivant le prin-cipe que nous venons d’exposer, une répétition fréquente de cesactes peut faire naître cette modification, surtout s’ils sont répé-tés à la fois par un grand nombre de personnes; car alors, àla force de leur réaction, se joint le pouvoir de l’imitation, suitenécessaire de la sympathie. Quand ces actes sont un devoir queles circonstances nous imposent, la tendance de l’économie ani-male à prendre l’état le plus favorable à notre bien-être nous dis-pose encore à la croyance qui les fait exécuter avec plaisir. Peud’hommes résistent à faction de toutes ces causes.
Pascal a bien développé ces effets dans un article de ses Pen-sées, qui a ce singulier titre, qu’il est difficile de démontrer l’exis-tence de Dieu par les lumières naturelles, mais que le plus sûr est dela croire. Il s’exprime ainsi en s’adressant à un incrédule : « Vous« voulez aller à la foi et vous n’en savez nas le chemin ; vous vou-« lez guérir de l’infidélité et vous en demandez le remède. Appre-« nez-le de ceux qui ont été tels que vous, et qui n’ont présente-« ment aucun doute. Ils savent ce chemin que vous voudriez