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Tome septième.
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560 THÉORIE ANALYTIQUE DES PROBABILITÉS.

La question précédente dépend encore de la grandeur de lapeine appliquée au délit; car on exige naturellement, pour pro-noncer la mort, des preuves beaucoup plus fortes que pour in-fliger une détention de quelques mois. C’est une raison de pro-portionner la peine au délit, une peine grave, appliquée à unléger délit, devant inévitablement faire absoudre beaucoup decoupables. Le produit de la probabilité du délit, par sa gravité,étant la mesure du danger que l’absolution de l’accusé peut faireéprouver à la société, on pourrait penser que la peine doit dé-pendre de cette probabilité. C’est ce que l’on fait indirectementdans les tribunaux, où l’on retient pendant quelque temps l’ac-cusé contre lequel s’élèvent des preuves très-fortes, mais insuffi-santes pour le condamner. Dans la vue d’acquérir de nouvelleslumières, on ne le remet point sur-le-champ au milieu de sesconcitoyens, qui ne le reverraient pas sans de vives alarmes.Mais l’arbitraire de cette mesure, et l’abus qu’on en peut faire,l’ont fait rejeter dans les pays où l’on attache un très-grand prixà la liberté individuelle.

Maintenant, quelle est la probabilité que la décision d’un tri-bunal, qui ne peut condamner qu’à une majorité donnée, serajuste, c’est-à-dire conforme à la vraie solution de la questionposée ci-dessus? Ce problème important, bien résolu, donnerale moyen de comparer entre eux les tribunaux divers. La majo-rité d’une seule voix, dans un nombreux tribunal, indique quel’affaire dont il s’agit est à peu près douteuse. La condamnationde l’accusé serait donc alors contraire aux principes d’humanitéprotecteurs de l’innocence. L’unanimité des juges donnerait unetrès-grande probabilité d’une décision juste; mais, en s’y astrei-gnant, trop de couj^ables seraient absous. 11 faut donc, ou limiterle nombre des juges, si l’on veut qu’ils soient unanimes, ou ac-croître la majorité nécessaire pour condamner, lorsque le tribu-nal devient plus nombreux. Je vais essayer d’appliquer le calcul