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Tome I.
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f72 Lettres

tant ; voilà ce que vous ne concevrez point.Quelle en est la raison ? Je l’ignore. Où passedonc le prix de son labeur ? Quel est le genrede luxe ou de dissipation qu’il se procure ?Je n’en vois aucun. Il est heureux , dit-on ;quel bonheur ! Eh ! qu’il est nud ! son bétail,son cuir, son beurre & son fromage ; voilà en-core des objets d’industrie : il n’en est pas plusopulent. On a eu raison de dire qu’il n’y avoirpoint dans la ville, dans les trois bourgs & dansles maisons éparses qui composent l’Appenzell,ni riches, ni pauvres. Hélas ! ils sont tous aumême degré de privation. Le rhode Catholiqueest plus pauvre encore, parce qu’il a plus decharges publiques.

L’Appenzeliois tutoie volontiers. On estd’abord étonné ; ensuite on se fait à ce tonimpératif & simple. Au premier abord, vousne savez s’il va vous morguer ou vous sourire.II n’est point révérencieux. II vous regarde detoute sti hauteur; mais fans, orgueil, il prendplace avant vous, continue son travail, & vousentretient à mesure ; il n’ignore point cepen-dant , qu’il est des distinctions de rangs , &de personnes , & feint de i'ignorer. On est fierdans ces montagnes. L n Suisse vous dit homnement en parlant des pays conquis , ce sorítmes sujus ; il attire à lui fa part de royauté , Si