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Tome II.
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i8i Lettres

bliqu.es ? Ce fut un malheur pour Rome; mais ellele dut à ses conquêtes, à ses richesses, à ses affran-chis. La Suisse n’a rien de tout cela. Dans leValais & dans quelques Cantons, ces difficultésfont vengées par un état de langueur, & parune dépopulation évidente. Les signes de la dé-sertion sont frappans aux environs de Morat, àPayerne , à Avenche & ailleurs. Les Suissesn’ont pas même de cartel entr’eux, Le Citoyend’un Canton n’est point reçu dans un autre. IIpossède tout ce qu’il acquiert en qualité d’é-tranger , & il est sujet. A Erne on avoit permisaux Fribourgeois d’acheter des terres dans leValais. Ils croyoient, après une longue posses-sion & une génération , avoir passé de la qualitéde sujet à celle d’homme libre dans le dizainauquel ils s’incorporoient, & avoir acquis le droitde voter dans les Assemblées puniques. Ces pré-tentions firent naître des querelles parmi lesGrisons, qui n’eussent point été promptementappaisées, si on n avoit cru devoir ménager leCanton de Fribourg. Toutes les portes sont fer-mées à f étranger , & dans cette Suisse libre lamoitié est sujet, le tiers est retenu par des- Baillis, & le restant est enclavé dans des Com-munautés , ou dans des classes exclues du Cou-verai n, ou nulles dans les suffrages. D’autressont sujets à de fortes redevances censières & à