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Tome II.
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296 Lettres

ma Lettre de Rafle. L’inoculation fut essayée àConstantinople. Le despote ordonna ; l’éspècen’étoit rien pour lui ; Fexpérience fut faite. Ons’y prit mal; on mourut; mais on continua, & oneut des succès. II en résulta, à force de cruauté,un remède nouveau, & dont la Médecine doitêtre orgueilleuse. L’adoption fut difficile & nefut point générale. L’avarice des Colons l’appelaen Amérique, & ce fut encore un Continent rem-pli d’esclaves qui confirma des traitemens utiles& peu, dangereux. II n’en fut pas ain fl dans lesRépubliques. Les Bourguemestres de Hollande ,les Landemman de Suisse , & le Maire deLondres n osèrent rien ordonner. C'est quedans les Républiques findividu n’est point con-traint. II peut rejeter toute innovation, & sou-vent il abuse du droit qu’il a de refuser ce qu’cnlui proposé. Son ignorance lui inspire de l’aver-fion contre des innovations salutaires. II en estpuni par des privations. Le tems & l’opinionpeuvent seuls mener le Citoyen vers la routecommune. De-là vient cet état paffif, qui estle caractère des Républiques.

Je ferois tenté de le croire quand je vois enSuisse tant de préjugés fur le traitement des mala-dies. On y consulte encore les Astrologues & lesAimanachs. La Médecine astrologique est recon-nue & suivie. On ne purge le malade qu’au ligne