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Tome II.
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334 L Ë f T R E S

II est incontestable que l’eau a coupé le tòôqui ne formoit qu’une masse. Les marques de láscission sont évidentes. Elle a creusé son lit ,par le frottement des cailloux quelle charie &qui liment le rocher. Les parties fossiles ont cédé,& là où la pierre mêlée avec des couches deterre s’est trouvée tendre & ductile, il s’estformé le soupirail par lequel le Rhône se perd.Les deux pans de rocher qui s’avancent en sailliesur le trou, prouvent ce que j’avance. Le litna pas quatre pieds de largeur à ce point deséparation. M. de- Saussure dit que le Rhône a ,au pied de Genève , au-dessous de fa jonction avecÍArve ,213 pieds de largeur. IL ria, fous le pontde Grès n , à deux lieues au-deffous de Cluse , que15 pieds de largeur. Vous voyez combien lamétamorphose est grande.

J’ai vu en esset le Rône, descendre dansî’entonnoir & se perdre. Je me suis promenéà sec sur son lit environ quarante pas. IIreparoissoit tranquille & limpide ; mais cesilence ne dure que jusqu’à sa jonction avec leseaux de la Vascelline qui, à quatre cents piedsde là , opère fa réunion. Cette rivière s’estcreusée son lit dans un abîme effrayant & noir,fur lequel est bâti le pont de Bellegarde.A quelque distance du point de jonction ontrouve des coquillages & des pétrifications.