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Tome II.
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sur lâ Suisse» 335Dans l’Eté le fleuve se perd à demi, les eauxCoulant avec plus d’abondance & plus de rapi-dité couvrent le gouffre, on ne s’aperçoit del’écoulement que par les trompes d’eau qui bouil-lonnent fur f entonnoir. II n est aucun Voyageurqui ne jette des pierres, des bâtons, du liège, ducuir ; rien ne reparoît. Les uns attribuent cettesingularisé à la grande profondeur du gouffre ; lesautres aux sinuosités multipliées, aux cavités dontil est rempli, & au rapprochement des rochers.Toutes ces probabilités peuvent-être reçues; jen’en trouve pas de plus conséquentes. Mais pour-quoi laisse-ton subsister ce gousse? ne seroit-iípas possible d’établir, fur fa bouche, un aque-duc qui ramafferoit les eaux avant la perte, &les vomiroit à une petite distance, uniformé-ment & fans altération ? rien est-il impossibleaprès le canal de Languedoc & celui d’Amiens?Nous ne prétendons point à la gloire de direavec les Espagnols, que nous avons un pontimmense qui est une vaste prairie, où paissentcent mille bêtes à corne, fous lequel la Gua-diane coule dans la longueur de huit lieues. Cetterivière fe perd, comme le Rhône, dans desroches, & renaît par des ouvertures qu’onappelle los ojos d» Guadiana , les yeux de <,a. Gua-diane. 11 reroit bien plus utile d’aviver, par unenavigation régulière, les environs appauvris &