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qui formaient ïa Iiaie devant lui, de le laisser traverserîa chaussée. Préoccupé' de son projet, H jetait natu-rellement les yeux sur la façade de ïa maison où iî seremplit. Il aperçut très-distinctement lever ïa jalousied une des fenêtres du troisième étage, et Péclat du so-ïcii, qui donnait aïors en plein sur ce côté du bouïevart,f thriller à ses regards des objets qu’il put d’autant moinsdistinguer, dans ïe premier moment, que ia vue luien était interceptée, en partie, par trois hommes qui pa-raissaient regarder à droite et à gauche. Deux de cestommes portaient des chapeaux gris. lis avaient à peuprès cinq pieds, deux ou trois pouces. Leur vêtementétait d’une couleur foncée; ï’un d’eux était pïus minceque ï’autre: ïe troisième avait la tête nue et ïes manchesde sa chemise relevées.
L’éclat qu’avaient jeté ïes objets dont ces hommesdérobaient ia vue au sieur Martin , attira ses regards sureux; et comme il avançait lentement sur ïa chaussée, ïecri de vive le Roi s’étant fait entendre, il vit ces hommesquitter précipitamment ïa fenêtre, et devant eux unebatterie de canons de fusil sur laquelle iis étaient courbésdans la position d’un artiiieur qui pointe un canon. A^instant la jalousie tomba et ï’explosion se fit entendre.Le sieur Martin , hors de lui-même, s’écria aussitôt enmontrant la fenêtre: (/est de là. II s’aperçut aïors qu’ilavait été lui-même atteint et que son chapeau venait d’êtrepercé d’une balle.
Hans ïe premier moment, en voyant ces canons defusils ainsi braqués, sa pensée avait été d’avertir ïesgardes nationaux qui l’entouraient, quoique l’idée ducrime ne lui fût pas venue à ï’esprit. Mais ïe temps ïuîmanqua, tant ses perceptions s’étaient rapidement suc-