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code. Tout avait disparu en quelques secondes. Aprèsl’événement, et lorsqu’il eut aidé à relever l’infortunéduc de Trèvise, le sieur Martin se rendit chez le com-missaire de police du faubourg 1 du Temple pour y fairesa déclaration. Ne trouvant point ce fonctionnaire à sonbureau, il rentra sur-le-champ et lui écrivit une lettredétaillée. Le lendemain 29, le sieur Martin fut entendupar un juge d’instruction et confirma le récit contenudans sa lettre. On reconnut sur son chapeau la tracede la halle qui l’avait troué. Les deux chapeaux gris,trouvés dans la chambre de Girard, lui ayant été repré-*sentés, il crut les reconnaître pour ceux que portaientdeux des personnes qu’il avait vues à la fenêtre de Girard.On lui présenta aussi une blouse verte ensanglantée, ilne la reconnut pas, à moins, dit-iï, qu’elle ne futportéepar l’individu sans chapeau et à manches retroussées ;cette blouse était celle de Girard.
ïl est constant que le sieur Martin, dont rien nepeut faire suspecter la véracité, a employé plusieursfois le peintre Beaudon, et il a été vérifié que celui-cihabitait la même maison que Girard.
Conduit sur le boulcvart du Temple par un com-missaire de police qu’en vertu des ordres de M. lePrésident, un juge d’instruction avait délégué à ceteffet, le sieur Martin a désigné les points de la contre-allée et de la chaussée du boulevart où il se trouvaitle 28 juillet, peu d’instants avant l’explosion, quand Udit avoir aperçu la batterie de fusils de Girard. Lepremier de ces points est aux pieds des arbres bordantla chaussée du côté du Jardin Turc, précisément enface de la maison n° 50; l’autre est au milieu de lachaussée, dans la même direction. Le commissaire depolice a constaté que dans la ligne directe de ces deux