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Qll'EMBRASSlî LA société industrielle.
aussi réels que ceux des classes les plus évidemment produc-trices. Que peut-on faire de mieux, en effet, pour accroître lecapital d’une nation que d*y multiplier le nombre deshommes sains, vigoureux, adroits, instruits, vertueux, exer-cés à bien agir et à bien vivre? Quelle richesse, alors mêmequ’il ne s’agirait que de bien exploiter le monde matériel,pourrait paraître supérieure à celle-là? Quelle richesse estplus capable d’en faire naître d’autres? Or, voilà précisémentcelle que produisent toutes les classes de travailleurs quiagissent directement sur les hommes, a la différence de cellesqui ne travaillent pour eux qu’en agissant sur les choses. Ungouvernement, quand il est ce qu’il doit être, est un produc-teur d’hommes soumis à l’ordre public et rompus à la pra-tique de la justice ; un véritable moraliste est un producteurd’hommes moraux ; un bon instituteur est un producteurd’hommes éclairés ; un artiste digne de ce nom est un pro-ducteur d’hommes de goût et d’âme, d’hommes exercés àsentir tout ce qui est bon et beau ; un maître d’escrime, d’é-quitation, de gymnastique, est un producteur d’hommes har-dis , agiles, robustes ; un médecin est un producteurd’hommes bien portants. Ou bien, si l’on veut, ces divers *industrieux sont, suivant la nature de l’art qu’ils exercent,des producteurs de santé, de force, d’agilité, de courage,d’instruction, de goût, de moralité; toutes choses qu’on es-père bien acquérir lorsqu’on consent à payer les servicesdestinés à les faire naître; toutes choses dont le prix est, pourainsi dire, coté ; ayant par conséquent une valeur vénale, etformant la portion la plus précieuse et la plus féconde desforces productives de la société. 5
C’est donc à tort, incontestablement à tort, que Smith re-garde comme absolument improductifs, et M. Say commeproductifs seulement d’une sorte d’utilité fugitive, aussitôt