TOUTE INDUSTRIE PEUT ÊTRE LIBRE. 55
engagés, ils contractent des mariages, ils élèvent des troupesd’enfants, et puis, quand les catastrophes arrivent, ils se trou-vent, avec des familles nombreuses, en présence d’établisse-ments dont on a fermé les portes, et qui n’ont plus ni ou-vrage à leur offrir, ni secours à leur donner. Aussi, quoiquela déconfiture du maître ne leur fasse perdre ordinairement au-cune avance, et qu’il n’en résulte pour eux qu’une cessationde travail, sont-ils, je le répétera classe qui souffre le plus decette sorte de désastres. Extrêmement funeste à l’entrepre-neur et au capitaliste, une entreprise qui tombe est meurtrièrepour les ouvriers (*).
On ne peut donc pas trop dire combien il importe, avantde rien entreprendre, de s’informer exactement des goûts,des besoins, des ressources de la société.
Ajoutons après cela qu’éclairé sur l’état de la demande iil n’est pas moins essentiel de connaître l’état de l’offre, etde savoir les moyens que déjà la société possède de satisfaireles besoins éprouvés.
U est possible que tel produit que j’aurais envie de fairefût de nature à être goûté du public. Mais n’y a-t-il pas déjàquelqu’un qui le fasse? Est-il en mon pouvoir de le mieuxfaire que ceux qui le créent? Combien existe-t-il d’établisse-ments consacrés à ce genre d’entreprise? Quels sont les pro-cédés qu’ils emploient? Quelle est leur dépense? A combienreviennent leurs produits dans le pays où je voudrais m’éta-blir, et dans un rayon de tant de lieues autour du point où
(*) Qu’on juge, après cela, de ce qull y a de sagesse et de bon sensdans des phrases comme celles-ci, que j’emprunte à une Revue an-glaise : « Tout ce qu'on peut demander aux spéculateurs, c’est queleur passion soit dirigée de manière à ce que les classes laborieusesaient du travail; car alors, quels que soient les résultats des spécula-tions, elles ont toujours contribué au bien public. (Art. du QuarterlyReu\, trad. parla Rev. Brilarm., t. I, p. 12 et 15 de la prsm. série).