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Tome second.
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56 LIVRE VI. CONDITIONS AUXQUELLES

je suis obligé de fonder ma fabrique? A quel prix revien-dront les miens, parvenus à l’extrémité du rayon jusqu’oùje suis obligé de les répandre pour trouver un nombre suffi-sant d’acheteurs ? Quel genre d’avantage aurai-je sur les pro-ducteurs qui existent? Payerai-je un moindre intérêt de mescapitaux? Mon entreprise sera-t-elle mieux conçue, mieuxmontée, mieux administrée ? Gagnerai-je quelque chose surla matière première ? Aurai-je des moteurs plus puissants,des machines plus expéditives, des ouvriers plus intelligentsou moins chers? Disposerai-je de moyens de transport pluséconomiques? Sur quoi y a-t-il mieux à faire que ce que l’onfait? Rassemblons tous les éléments de mon compte; véri-fions-les scrupuleusement; assurons-nous que j’ai pourvu àtous les frais nécessaires; faisons ensuite une ample part auchapitre des erreurs possibles et des contre-temps imprévus.S’il m’est démontré, tout calcul fait, que le public n’est passervi comme il devait l’être; si je vois nettement commentil pourrait l’être mieux; si je possède bien mon affaire; si uncertain instinct de spéculateur, plus sûr quelquefois que lescalculs les plus habiles, m’avertit qu’elle peut être convena-blement tentée; si je me sens d’ailleurs en état de la bienconduire..., je puis aller, je puis m’engager; j’ai la conscienceacquise que je vais faire une chose bonne pour les autreset pour moi, une chose vraiment utile, voire même une chosemorale, encore bien qu’elle doive nuire à mes concurrents,puisque je vais affranchir le public du tribut illégitime quelèvent sur lui des producteurs indolents ou malhabiles, quilui font payer le produit qu’ils font au-dessus de sa valeurvéritable, c’est-à-dire au-dessus du prix auquel il peut êtrelivré.

Mais ce n’est qu’après m’être ainsi bien assuré de ce quel’on fait, et du mieux qu’il y aurait à faire, que je peux agir