d56 LIVRE VIII, CH. II. DE LA LIBERTÉ
bitudes, lentement et péniblement contractées, qu’ils parvien-nent à rendre possibles, aisés et finalement peu redoutables,des travaux naturellement très difficiles et très périlleux;mais s’il leur arrive encore, de temps en temps, d’éprouverclans les mines des accidents graves, et même d’y rencontrerla mort, c’est leur témérité ou leur incurie qu’il en faut accu-ser, beaucoup plus que l’insulfisance des expédients qu’on aimaginés pour neutraliser les dangers auxquels leur travailles expose.
Reconnaissons donc sans hésiter ce que leur travail puisede sécurité, de force, de liberté et de facilité d’action dansl’acquisition de certaines habitudes personnelles, et notam-ment dans celles que nous venons d’énumérer.
Que, de son côté, une bonne morale de relation, c’est-à-dire l’habitude de rapports éclairés et justes, soit d’hommeà homme, soit surtout de la société aux individus, leur soitd’un immense secours et contribue à leur liberté d’une ma-nière très puissante, c’est encore une chose bien assurée, etqu’il sera aisé de rendre sensible.
Il y a, ce semble, entre les propriétaires et exploitants demines moins d’occasions de contact et de sujets de collisionqu’entre les propriétaires et cultivateurs de la surface du sol.Ils sont moins sujets à se rencontrer, par cela seul que lesentrailles de la terre sont moins généralement exploitées quesa superficie. Cependant, encore bien que les gîtes de mi-nerai n’aient qu’une étendue relativement très limitée, ilpeut arriver encore assez fréquemment que, dans ces limites,les intéressés se rencontrent et se fassent mutuellement ob-stacle. Il est possible qu’ils empiètent les uns sur les autres,que leurs travaux se nuisent réciproquement, que ceux desuns tombent dans ceux des autres, que celui-ci les dirige de