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Tome second.
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LIVRE VIII, CII. II. DE LA. LIBERTÉ

de la surface n’a pu lui donner aucun droit sur les métauxque renferme le tréfonds : pourquoi donc lui en avoir reconnusur la propriété des carrières et des minières? Son travailcomme cultivateur a-t-il contribué davantage a les former?Mais ne prenons pas garde a cette inconséquence, et admet-tons qu’il n’a nul droit sur les richesses métalliques que peutrecéler son fonds. Quelqu’un se trouve-t-il, à l’égard de cesrichesses, dans une meilleure situation que lui? quelqu’unpar conséquent y peut-il avoir plus de droits qu’il n’en pos-sède? Et si nul n’y peut acquérir de droits que par les tra-vaux qu’exigera leur extraction, n’est-il pas naturel qu’il puissese les approprier ainsi plutôt que personne ? On ajoute qu’iln’y a nul rapport entre l’allure des filons dans les profondeursde la terre et la manière dont les propriétés se divisent à lasurface du sol. Et qu’importe encore ? De quelque façon queles mines se divisent et se ramifient dans le tréfonds, ne cor-respondent-elles pas nécessairement par tous les points àdes points déterminés de la surface? et aurait-il pu jamaisy avoir doute sur la question de savoir a qui la propriété endevait revenir?

La principale raison alléguée pour refuser la propriété auxpropriétaires a été prise de l’intérêt même des mines, et de lanécessité de leur assurer un aménagement intelligent et régu-lier. 11 n’eût pas été possible, dit-on, que chaque propriétaireexploitât au-dessous de lui : les propriétés sont infiniment tropmorcelées et trop nombreuses. Je ne nie point que ce morcel-lement n’eût pu être en certains cas une circonstance défa-vorable. Mais qu’est-ce qui eût exigé que l’exploitation du tré-fonds se divisât comme celle de la superficie? Non-seulementce n’était pas obligé, mais ce n’eût pas été possible. Commentveut-on que les propriétaires de petites parcelles de terre eus-sent pu avoir l’idée de s’engager dans les énormes dépenses