DES INDUSTRIES EXTRACTIVES. J 71
t-elle d’indemniser les exploitants des pertes où elle pourraitles entraîner par ses exigences? et si elle ne peut se chargerde les indemniser, peut-elle, en bonne conscience, les con-traindre à exploiter? Voudrait-elle d’ailleurs, pour les dé-posséder, exposer ses propres ressources? Lorsqu’une minereste inexploitée, il y a ordinairement lieu de supposerqu’elle n’est pas utilement exploitable; et comment irait-elles’engager dans des frais d’expropriation considérables pourun bien que personne peut-être ne voudrait acquérir? Aussis’en donne-t-elle de garde. Non-seulement il n’est pas en sonpouvoir de faire qu’on exploite, mais il ne dépend pas d’ellede régulariser l’exploitation, quand elle a lieu. Comment pré-tendre régler véritablement les travaux, quand on n’est paschargé de pourvoir à la dépense? L’aménagement le plusrégulier en apparence est-il toujours le plus profitable enréalité, et un ingénieur d’une médiocre expérience, sur quine pèse aucune responsabilité, et qui ne court pas le moindrerisque, osera-t-il être bien exigeant dans ses prescriptionsenvers un concessionnaire qui exploite à ses frais, et dont laspéculation pourrait être ruinée par un conseil malhabile?D’ailleurs, pour diriger véritablement les travaux, il faudraitles suivre; et à quoi bon avoir multiplié les règles, si, auxtermes des règlements, les ingénieurs peuvent ne visiterqu’une fois par an les mines soumises à leur inspection (’).
L’État voudrait qu’on exploitât avec régularité, avec pru-dence, avec activité, et il a raison, sans nul doute; mais, outreque de tels résultats ne se peuvent obtenir que fort à la longue,qui ne voit que les moyens qu’il a choisis pour les réalisersont loin d’être les plus propres à les produire? Les exploi-tants sont seuls juges, quant à l’activité, de celle qu’ils peu-
(’) Décret du 18 nov. 1810 , art. 28 .