Band 
Tome second.
Seite
172
JPEG-Download
 

172 LIVRE VIII, CII, 11. DE LA LIBERTÉ

vent donner à leurs travaux, sans péril pour leur fortune ; etquant à la prudence, le moyen de les intéresser à en acquérirserait de les surveiller attentivement et de les punir quandils en manquent, beaucoup plutôt, à coup sur, que de leurimposer une multitude de règles et de ne les surveiller ensuitequ’imparfaitement. Ce régime, soi-disant préventif, ne pré-vient, je le crains fort, que les réflexions qu’ils auraient be-soin défaire, et l’expérience qu’il leur importerait tant d’ac-quérir. A la fois excessif et inefficace, il les gêne sans les for-mer, et amortit leur activité, sans la rendre plus avisée etplus régulière. Funeste partout, le régime préventif ne l’estpas moins ici qu’ailleurs. Les préjugés publics qui le sou-tiennent apportent donc un sérieux obstacle au progrès del’industrie minérale, et il faudrait compter au nombre desprincipaux moyens de puissance de cette industrie l’acquisi-tion d’idées et d’habitudes publiques qui amèneraient gra-duellement un système plus juste et plus éclairé, c’est-à-diremoins de gêne et plus de vraie surveillance, un gouvernementmoins direct des travaux des mineurs, et une répression pluseffective de l’abus qu’ils peuvent faire de leurs forces.

Voilà comment trouve ici son application ce que j’ai dit eutermes généraux, dans le chapitre précédent, de l'influencedes facultés personnelles. Mais on n’aurait qu’une idée bienincomplète des moyens de l’industrie minérale, et si je mebornais à considérer les progrès qu’ont faits, relativement àcette industrie, les facultés de la nation qui l’exerce, son gé-nie pour les affaires, ses aptitudes sous le rapport de l’art,ses habitudes privées, sa morale sociale. Si la puissance del’art qui nous occupe dépend à un liant degré du développe-ment qu’a pris, au sein du peuple où il est pratiqué, tout cefonds de facultés personnelles, elle n’est guère moins subor-