LIV. VIII. CH. III. DE LA L1B. DE L'iND. VOITURIÈRE. 191
CHAPITRE III.
DE LA LIBERTÉ DE L'INDUSTRIE VOITURIÈRE.
Je ne reviendrai pas sur ce qui a été observé, dans le pre-mier chapitre de ce livre, sur l’ordre dans lequel ont dû se dé-velopper les diverses industries. Je persiste à dire qu’avant defaire subir aucune transformation aux choses, l’homme a dus’emparer de celles que la nature avait spontanément for-mées, et, partant, que ses premières industries ont dû êtresimplement extractives. Mais, quoi qu’il en soit des arts parlesquels il a débuté, toujours est-il, qu’à peine il y a quelquepart des produits obtenus, qu’il doit y avoir tout aussitôt,au moins dans la plupart des cas, des transports à effectuer.Il arrive bien rarement, en effet, qu’un produit parvienne,sur un même point, à la forme définitive sous laquelle il doitservir aux besoins de l’homme, et qu’il soit consommé surplace, à mesure qu’il est obtenu. Il a presque toujours à par-courir un certain nombre de lieux, comme à passer par unecertaine filiation de formes, et il n’est guère de produit qui,avant d’arriver à sa destination finale, n’ait dû subir, en lui-même ou dans les éléments dont il est formé, presque autantde déplacements que de transformations. C’est, au reste, unfait dont la vérification est bien facile. Prenez, dans le nom-bre des choses qui servent à vos besoins les plus habituels,le premier objet qui vous tombera sous la main, et, pour peuque son origine et son histoire vous soient connues, vous ver*rez, non-seulement par quelle série de transformations il a