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Tome second.
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19‘2 LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ

dû passer, mais aussi à combien de déplacements il a dû êtresoumis, avant d’être mis à votre disposition et de pouvoirservir à votre usage.

Nous donnons à l’art qui fait éprouver aux choses, dansl’œuvre générale de la production, ces déplacements plus oumoins multipliés et plus ou moins considérables qu’elles doi-vent subir avant d’arriver à leur fin, le nom d’industrie voi-turière. Il ne faut pas demander quelle est la nature de cetteindustrieeten quoi elle consiste, car son nom même l’indiqueassez, et nulle définition ne dirait plus clairement que le nomqu’elle porte, la fonction qu’elle est chargée d’accomplir.Tandis que les industries extractive, manufacturière, agricolefont subir aux choses les modifications les plus variées, levoiturage ne leur en fait jamais subir qu’une seule, qui est deles changer de place. 11 les transporte d’un lieu à un autre,d’un temps à un autre, des temps d’abondance aux temps dedisette, des lieux où elles sont communes aux lieux où ellessont rares et désirées : il est sans cesse occupé à les distri-buer avec discernement dans le temps et dans l’espace. Il lesfait passer du dedans au dehors, du dehors au dedans; deslieux où elles se fabriquent, dans les entrepôts où elles sevendent par grosses parties; des magasins où elles se ven-dent en gros, dans les boutiques où on les distribue en détail.Mais, dans ses mouvements les plus limités, comme dans sesexpéditions les plus lointaines, il ne fait jamais que les dé-placer; et, depuis l’action du détaillant, qui se borne à tirerses marchandises des rayons de sa boutique pour les placersous la main de l’acheteur, jusqu’à celle de l’armateur, quiest allé chercher ces marchandises en Amérique, aux Indes,a la Chine, il n’y a jamais d’opéré qu’une seule chose : destranspoi ts. L’action de l’armateur et celle du détaillant sontabsolument de même nature; l’un et l’autre travaillent à