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Tome second.
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de l’industrie voiturière.

la disette s’en fait sentir? Que valent les choses les plus sus-ceptibles de devenir utiles, loin des arts capables de tirèrparti de leurs propriétés, et combien lé voiturage n’ajoute-t-il pas à leur prix en les rapprochant des arts qui peuventrendre leurs propriétés utiles ? Combien n’accroît-il pas leurvaleur, à mesure qu’il les fait arriver sous la main de nou-veaux travailleurs qui leur donnent tous quelque façon nou-velle? Qui sait pour combien l’art des transports est entrédans la création des richesses qui existent dans un pays, surune seule place decommerce, dans les mains d’un seul individu?

Mêmes remarques à faire sur ce que l’art des déplacementset des transports peut donner de valeur aux hommes. Quevalent les talents les plus utiles, là où les hommes qui lespossèdent sont infiniment trop nombreux, ou non suffisam-ment appréciés? Et combien l’industrie voiturière n’ajoute-t-elle pas à la valeur de ces talents en transportant les hom-mes qui les possèdent des lieux où ils surabondent dans ceuxoù ils manquent, des lieux où ils sont peu demandés dansceux où la demande en est très vive? Que vaut à l’artiste leplus distingué l’art dans lequel il excelle, loin des circon-stances où il lui serait possible d’en tirer parti ? Combien levoiturage n’ajoute-t-il pas à la valeur de ses facultés en le fai-sant arriver sur un théâtre plus favorable à leur exercice?Qui pourrait dire ce que l’art des transports ajoute à la va-leur de ce qu’il y a dans un pays de facultés de toute espècepar la manière dont il distribue les hommes en qui résidentces facultés?

J.-B. Say veut que, de sa nature, cet art ne puisse s’appli-quer qu’à des objets matériels (‘). Je comprends fort bienqu’on ne peut pas voiturer des talents, des connaissances, sé-

(.') Cours complet d'économie polit, prat., tom. Il, chàp. 15, p.216.