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Tome second.
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LIVRE WII, CH. III. DE LA LIBERTÉ

parcs des hommes dont ils sont la propriété. Mais, de mêmequ’on transporte les utilités fixées dans les choses en trans-portant les choses en qui résident ces utilités, de même onpeut faire voyager les idées, les talents, en faisant voyagerles hommes qui les possèdent. L’industrie voiturière s’appli-que ainsi aux facultés que l’art a développées dans les hom-mes, comme aux utilités qu’il a réalisées dans les choses, etelle ajoute également à la valeur des unes et des autres par lamanière dont elle distribue dans le monde les hommes et leschoses en qui le travail les a fixées.

Il y a même cela de remarquable que celte industrie peutajouter plus à la valeur des hommes en les déplaçant, en lesfaisant voyager, qu’il n’ajoute parla à la valeur des choses. Ilne suffît point, en effet, de faire subir des transports h unechose pour qu’elle se trouve changée, pour qu’elle ait reçu denouvelles façons, tandis que l’homme, dont les sens sont tou-jours ouverts h l’impression des objets extérieurs, et dont lapensée est constamment active, se modifie en quelque sortepar cela seul qu’il change de lieux.

Il serait fort difficile de dire tout ce que l’industrie voitu-rière a fait pour l’éducation des hommes en les déplaçant, enles portant d’un pays da*is un autre, et ce que la culture del’espèce humaine en général a retiré de fruit de la pratiquedes émigrations et des immigrations.

Montesquieu observeque I e Commerce a procuré la connais-sance des mœurs de tous les peuples, qu’on les a comparéesentre elles, et qu’il en est résulté de grands biens (*).

(’) Espr.des lois., lîv. xx, ch. 1. Ce n’est pas le Commerce , commele dit Montesquieu, qui a procuré la connaissance des mœurs de tousles peuples : ee sont les déplacements , les voyages , l’industrie destransports, le voiturage. Le fabricant, le mineur font le commerce toutaussi bien que le voitureur; et néanmoins qui voudrait dire que l’in-