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DE l’industrie VOITURIÈRE.
duit les choses dans un pays en les y transportant, ne peut sedispenser d’examiner, avant de les y transporter, si la de-mande y en est faite, et jusqu’à quel point elles y sont de-mandées. On ne saurait douter que les crises douloureusesqu’éprouvent de temps en temps toutes les industries neviennent, en bonne partie, du peu de soin que les agents duvoiturage ont d’user de cette précaution, en apparence sisimple. Les arts qui transforment les choses font sûrementbeaucoup de fausses spéculations; mais celui dont la fonc-tion est de les répandre dans le monde ne met peut-être pasdans ses entreprises beaucoup plus de prudence et d'habi-leté, et je ne sais si, par la manière dont il dirige ses opéra-tions, il ne contribue pas autant que les autres aux souffran-ces que toutes sont sujettes à éprouver.
« Leilh, et plusieurs autres villes manufacturières de l’An-gleterre, observait en 1826 un écrivain de ce pays, ne sontpas encore relevées des banqueroutes qui ont suivi les expé-ditions de marchandises dont elles avaient encombré les mar-chés du continent en 1814 et 1815. Mais les premières ex-péditions qui eurent lieu, lorsque nous fûmes admis pour lapremière fois à commercer directement avec le Brésil, Bué-nos-Ayres et Caracas, furent peut-être plus ruineuses encore.Les hommes pratiques se livrèrent alors sans aucune réserveà l’esprit de spéculation. Un voyageur fort intelligent,M. Mawe, qui résidait à cette époque à Rio-Janeiro, nousapprend que, dans l’espace de quelques semaines, Manches-ter envoya plus de marchandises que le Brésil n’en avaitconsommé dans le cours des vingt années précédentes. Il yen avait une telle quantité, qu’il était impossible de trouverdans la ville des magasins assez vastes pour les loger, et queles articles les plus précieux étaient étalés sur le rivage. Cequi était surtout curieux, c’était la manière dont ces habiles