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Tome second.
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LIVRE VUI, CH. III. HE LA LIBERTÉ

gens avaient composé leurs expéditions. On offrait d’élégantsservices en porcelaine et en cristal à des populations quin’avaient jamais bu que dans la corne ou dans des noix decocos. On avait également envoyé une immense quantitéd’outils qui avaient à l’une de leurs extrémités un marteau,et à l’autre une petite hache, comme si les habitants n’avaientautre chose à faire que de casser toutes les pierres qu’ils ren-contreraient, et d’en extraire l’or et les diamants qui devaients’y trouver. Un de ces spéculateurs, encore plus avisé, avaitenvoyé une cargaison de patins à l’usage des habitants deRio-Janeiro, qui n’ont jamais vu de glace, et à qui même ilest fort difficile de faire comprendre que l’eau se puisse gla-cer (*). » '

Je n’ai pas besoin de dire que ces faits accusaient particu-lièrement l’industrie voiturière. Je n’examine pas si les fa-bricants anglais avaient eu le tort de créer en quantité tropgrande les objets dont il s’agit dans les exemples que je viensde citer; mais très assurément le voiturage britannique, enles dirigeant comme il vient d’être dit, en avait fait une dis-tribution vicieuse. Il est clair, par exemple, que, dans quel-ques-uns des envois qu’il avait faits au Brésil, il n’avait tenunul compte de la nature des besoins de ce pays; que, dansd’autres, il n’avait pas mieux considéré l’étendue de ces be-soins; qu’en tout, il avait fort mal étudié l’état de la de-mande. Aussi l’on sait quelles furent les suites de ces expé-ditions. Pendant des années entières, les marchandises expé-diées restèrent enfermées dans les magasins des négociants àla consignation de qui on les avait envoyées, quoique les ex-péditeurs consentissent a perdre les frais de nolis, de com-mission, de douanes, d’assurance, et qu’ils eussent donné

C) Revue brit ., t. VII, p. 197 et suiv. de la prem. série.