Band 
Tome second.
Seite
207
JPEG-Download
 

DE L’INDUSTRIE VOITURIÈRE.

207

à faire, un matériel à conserver, et que pour tout cela uncertain talent d’administration ne soit absolument néces-saire (').

Enfin, quoiqu’une comptabilité régulière ne soit pas iciplus indispensable que dans toute autre industrie, la néces-sité d’une semblable comptabilité dans toute entreprise ayantpour objet d’acheter dans un lieu ou dans un temps pourvendre dans un autre lieu ou un autre temps, a été si biensentie qu’elle est devenue l’objet d’une prescription légale, etque tout entrepreneur de ce genre d’industrie est obligé detenir h la,fois un livre-journal où il inscrit, jour par jour,toutes les opérations de son commerce, tout ce qu’il paye,tout ce qu’il reçoit, a quelque titre que ce puisse être, où ilénonce même, mensuellement, les dépenses de sa maison, etun second livre, sur lequel il copie tous les ans l’inventairecomplet de ses effets mobiliers et immobiliers, et de toutesses dettes actives et passives. Encore, un entrepreneur devoiturage exercé, et qui veut voir clair dans ses entreprises,

(') On voit à quoi il tient que la gestion d’une entreprise de voitu-rage est plus simple que celle d’une manufacture. Cela tient unique-ment à ce que, dans la production voiturière,plusieurs établissementsconcourent, à la suite l’un de l’autre, à une même opération, à unmême transport de marchandises. Si M. Chaptal avait fait cette re-marque, il n’aurait pas dit que, dans le commerce (dans les entreprisesde transports), quelques commis peuvent produire ce qui exige plu-sieurs centaines d’ouv.ûers dans la fabrication (F. son livre sur l’in-dustrie française, t. II, p. 418). La production, la plus-value résultantdu déplacement des choses, en elfet, n’est pas seulement le fait dupetit nombre de commis qu’on voit groupés autour du mégociant ex-péditeur, elle est aussi le fait des commissionnaires, des routiers, desarmateurs, des matelots, qui concourent à son entreprise, et qui tra-vaillent, pendant un ternes donné, à faire parvenir à leur destinationles marchandises expédiées. 11 y a tout lieu de croire que la productiond’une certaine valeur n’exige pas, ordinairement, moins de main-d’œuvre et d’avances de toute espèce dans le voiturage que dans lafabrication.