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Tome second.
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LIVRE VIU, CH. III. I)E L1 LIBERTÉ

perfectionnant leurs facultés spéculatives et industrielles, demême ils accroissent leur liberté en perfectionnant leurs ha-bitudes personnelles et leur morale de relation.

Non-seulement les bonnes habitudes de celte classe d’in-dustrieux sont une partie de ses moyens, mais elles en sont lapartie essentielle. Comment, en effet, pourrait-elle acquérirles autres sans ceux-là, et à quoi lui serviraient-ils? A quoi,par exemple, lui servirait le savoir-faire sans la volonté defaire, sans l’activité? A quoi lui serviraient l’intelligence etl’activité sans la prudence?

La prudence, dont il est si nécessaire d’user dans la pra-tique de toutes les industries, est peut-être dans celle-ci plusindispensable encore que dans aucune autre. Il est, en effet,plus facile dans celle-ci que dans aucune autre, de s’engagerdans de mauvaises spéculations. L’entreprise d’une nouvellefabrication, d’une nouvelle culture exige ordinairement laréunion préalable de nouveaux moyens; il y a toujours à fairequelque opération préparatoire, pendant laquelle la réflexiona le temps d’agir; tandis que l’entreprise d’expédier unemarchandise dans un pays ou de la mettre en réserve pourun temps futur peut être consommée par un simple acte, parun achat ou même par un ordre d’acheter, et que, l’ordre ex-pédié, l’achat fait, il n’est plus temps de s’aviser et de prendreune résolution meilleure. Il semble donc plus nécessaire en-core dans le voiturage que dans les autres industries de sedéfier d’une première idée, de se tenir en garde contre lesséductions de l’esprit d’entreprise, et j’ai, il me semble, rai-son de dire qu’elle est, de toutes, celle qui requiert le plusde prudence et de sang-froid.

Peut-être aussi est-elle celle qui requiert le plus de soinset d’esprit de conservation ; du moins est-elle celle chez quiles habitudes de ce genre semblent avoir à s’exercer sur un