I»E d'industrie VOITURIÈRE.
217
champ plus vaste. Chez le fabricant, les soins, l’entretien, labonne tenue peuvent, à la rigueur, se renfermer dans l’inté-rieur de son atelier : il n’en est pas ainsi pour le voiturier; ilne lui suffirait pas de bien tenir ses magasins et ses bouti-ques ; il lui importe infinement d’étendre ses soins à la voiepublique, qui fait aussi partie de son atelier, et qui en est lapartie la plus essentielle. Les autres industries sans doute nepeuvent pas être indifférentes à l’entretien exact des rues,des routes, des canaux; mais il est sensible qu’aucune n’estplus intéressée que le voiturage au bon état de toutes les voies.C’est surtout aux agents de cette industrie que la propreté etla bonne tenue de la voie publique se recommandent commeun grand moyen de puissance et de liberté d’action.
Ce que peuvent les soins et la propreté, comme nous leverrons, pour la puissance de l’agriculture et de la fabrica-tion, ils le peuvent pour celle du voiturage. Dans cet art,comme dans les autres, l’effet de ces habitudes morales estde prévenir, par de petites précautions, des pertes et des dé-penses considérables, de tenir les hommes dispos, de conser-ver aux choses le pouvoir de rendre, à chaque instant, toutle service pour lequel elles ont été faites. C’est à leur espritsoigneux, à leur amour de la propreté, presque autant qu’àleur industrie et à leur richesse, que les Anglais doivent le belétat de leurs chemins, de leurs chevaux, de leurs voitures,de tous les moyens de communication et de transport, et parsuite les grands pouvoirs de leur industrie voiturière. Ils n’at-tendent pas, pour réparer une route, qu’elle ait eu le tempsde se dégrader : ils ferment avec un soin empressé et assidutoutes les ornières qui se forment; ils font disparaître de lasurface jusqu’aux moindres inégalités. C’est par esprit depropreté, plus que par crainte des amendes, qu’ils s’abstien-nent, dans leurs cités, de salir la voie publique. Eussent-ils,