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LIVRE VIH, CH. 111. UE LA LIBERTÉ
comme nous, des règlements de police qui leur permissentde déposer toutes sortes d’ordures dans la rue, il est douteuxqu’ils voulussent user de cette sale faculté. Ils ne donnent pasmoins de soins à l’entretien de leurs moyens de transportqu’à celui des voies destinées au voiturage. Les navires, lesbateaux, les chevaux, les harnais, les voitures, soit particu-lières, soit publiques, sont de la propreté la plus recherchée.Ce goût se manifeste jusque dans les chariots qu’ils emploientau transport des engrais, dans les exploitations rurales : ceschariots, soigneusement peints, ont, comme les voilures, ditun de nos ingénieurs, des essieux en fer, des boites en cuivreparfaitement tournées, et dans ces boîtes un réservoir pourl’huile qui en adoucit le frottement (’).
Autant la bonne habitude morale que nous désignons parle nom de propreté peut influer utilement sur la liberté duvoiturage, autant cette industrie trouve de moyens de déve-loppement et de puissance dans le goût de la simplicité. Ilest aisé d’apercevoir que l’industrie voiturière ouvre unchamp plus vaste à son activité en se tournant vers le trans-port des choses d’un usage général qu’en se restreignant àcelui des choses chères. Un entrepreneur de voiturage quiapporte des choses utiles à tout le monde, et; à la portée detoutes les fortunes, est sûr de trouver plus d’acheteurs et defaire plus d’affaires que celui qui ne fait venir que des chosespeu nécessaires et d’un prix très élevé. Il se fait en calicotsinfiniment pins de transports qu’en cachemires; il arrive duBrésil moins de valeurs en pierres précieuses qu’il n’en ar-rive en coton et en peaux de bœufs. Les Espagnols, lorsqu’ilscommencèrent à tirer de l’or et de l’argent d’Amérique, n’ou-
(') Cordier, Mémoire sur l'agric. de la Flandre française; discoursprélim.