DE L INDUSTRIE V01TURIERE.
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vrirent pas à l’industrie voiturière une branche d’affaires abeaucoup près aussi importante, que le firent plus tard lesHollandais lorsqu’ils s’avisèrent seulement d’apporter de laChine la petite feuille sèche à laquelle nous donnous le nomde thé. Le voiturage en effet transporte en Europe pour plusde 300millions de thé par an ('), tandis que, suivant l’au-teur de la liichesse des nations , la quantité de métaux pré-cieux que l’Europe importe annuellement d’Amérique ne semonte pas à plus de 6 millions sterling, ou environ 150 mil-lions de noire monnaie ( 2 ). On peut juger, par ce seul fait,combien le goût de la simplicité, en tournant l’industrie voi-turière vers la recherche et le transport des choses d’un usagecommun, lui ouvre une plus vaste carrière que ne le faitle goût du faste en donnant une autre direction à son ac-tivité.
Une autre qualité morale bien essentielle à l’homme quipratique cette industrie, c’est l’estime de son art, c’est le sen-timent éclairé de son utilité, c’est la juste appréciation dubien qu’il opère. L’art qui se charge de l’approvisionnementd’un marché par voie de transport est peut-être, de tous, celuiqui a le plus souffert des préjugés contraires à l’industrie. 11s’attachait, si je ne me trompe, dans les anciennes idées,moins de défaveur à l’exercice de l’agriculture, et même dela fabrication, qu’à celui de l’art que je désigne par le nom devoiturage, et qu’on désignait par celui de commerce. On pou-vait à la rigueur, sans déroger, cultiver son champ, faire aller * (*)
f 1 ) F. le TV. d'èc. pol. de M. Say, t. I, p. 60, 5 e édition. — Cetteimportation parait s’êtrc considérablement accrue depuis l’époque oùécrivait SI. Say. L’Angleterre seule, en 1842, a consommé au-delà de18 millons de kilogr. de thé, valant bien près de 500 millions. F. l’ou-vrage de SI. ,1. G. lloussaye sur l’arbre à thé.
(*) liich. des Nal ., liy. q ch. 2.