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Tome second.
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‘220 LIVRE VIII, Cil. III. 1)E LA LIBERTÉ

son moulin, et en vendre les produits, mais non acheter desmarchandises dans un lieu pour les aller vendre dans unautre. Les familles engagées dans une industrie réputée sifâcheuse en sortaient le plus tôt qu’elles pouvaient, et les no-bles qui l’avaient pratiquée se faisaient relever de l’état dedégradation civile ou tout au moins politique où ils croyaientêtre tombés.

Si l’on voulait juger, par quelques faits isolés et peu an-ciens, de l’état de nos mœurs actuelles, on pourrait croire queces sottises ne sont pas encore entièrement usées. On se sou-vient d’avoir vu, dans les dernières années de la restauration,un habitant de Saint-Chaumont s’imaginer qu’il avait perdula noblesse parce que son père et son aïeul avaient exerceavec honneur une profession utile, celle dont nous nous oc-cupons; et le ministère, reconnaissant qu’en effet la choselui pouvait être imputée à dérogeance , lui accorder, sur sademande, des lettres de réhabilitation, des lettres de relief,pour nous servir du jargon un peu barbare alors en usage àla commission du sceau. Heureusement cette insulte au bonsens et à la morale du pays reçut, vers le même temps, uneréparation éclatante. Tandis qu’on relevait un noble qui avaitfailli parce qu’il avait fait le commerce, on tentait d’agrégerà la noblesse un manufacturier, homme de génie, qui avaittoujours été commerçant : on envoyait le titre de baron àM. Tcrnaux. C’était presque l’avertir qu’il devait abdiquer saprofession, sous peine de dérogeance. L’honorable négociant,en un tel état de choses, comprit que la vraie dérogeanceserait de se laisser faire baron : il conserva au travail sa di-gnité, et n’accepta point un titre qui, dans la pensée de ceuxqui délivraient des lettres de relief, semblait impliquer le mé-pris des arts utiles. Ce trait de M. Ternaux était digne d’êtrerappelé : c’est, à mon avis, une des belles et bonnes actions