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Tome second.
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LIVRE VIH, Cil. III, DE LA LIBERTÉ

dans de bonnes habitudes privées de ses agents seraient sus-ceptibles d’être fort étendues. Il serait aisé de faire voir ceque peuvent pour lui le courage, la modération, l’économie,et plusieurs autres vertus dont je ne détaille point ici les ef-fets. Mais il s’agit moins de savoir comment chacune de cesvertus contribue à l’extension de ses pouvoirs que de montrerqu’elles sont toutes des éléments essentiels de sa puissance;et le peu que j’ai dit fera, j’espère, suffisamment comprendrecette vérité. Voyons l’influence qu’exercent sur sa liberté lesbonnes habitudes sociales.

Plus la morale de relation est perfectionnée, plus on estennemi de l’injustice, et disposé tout à la fois à s’en absteniret à ne pas la tolérer, et plus deviennent libres les communi-cations que cherche à établir le voiturage. Cela est évidentde soi.

Ainsi, par exemple, le voiturage est d’autant plus librequ’on sait mieux se défendre de toute injuste prétention surles voies ouvertes à l’industrie voiturière, qu’on se garde da-vantage de les dégrader, qu’on empiète moins sur elles, quechacun s’y tient mieux à sa place, etc.

Il est d’usage a Paris de faire en quelque sorte de la voiepublique sa voirie particulière : on y jette des animaux morts;on y répand des eaux corrompues ; on y dépose les balayuresde son appartement et les débris de sa cuisine; on y secouela poussière de ses lapis ; on y dirige sur les passants les gout-tières de ses toits; on en fait comme le réceptacle de tout cequ’on a chez soi d’incommode ou d’immonde (' ) : est-il be-

(') J'écrivais ccci en 1S28. Depuis, les habitudes publiques ont subià cet égard quelques modifications heureuses. Je lis dans les Débalsdu 51 mars 1837, l’extrait d’un règlement de poliee qui témoigne desprogrès faits sous ce rapport. Malheureusement, sous ce rapport commesousd’autres, les habitudes sont encore fort en arriére des règlements.