DE l’industrie VOITURIÈRE"
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soin de dire que ce peu de respect des habitants pour lesrues de leur ville, nuit à la liberté de les parcourir; que pluschacun les dégrade et les salit et moins elles sont praticablespour tout le inonde?
Si l’on craint peu de les salir, on craint encore moins deles usurper. Chacun envahit, pour des usages particuliers,l’étroit espace qu’elles livrent à la circulation générale : l’é-picier y fait griller son café; le marchand de vin y dépose sestonneaux; le roulier y remise ses voitures; l’un y fait scierson bois ; l’autre y emballe ses marchandises; des colporteurssans nombres y établissent leur marché; la plupart des mar-chands en boutique luttent à qui y fera le plus avancer sesétalages ; le passage, l’air, la lumière, y sont également inter-ceptés : je ne crois pas exagérer en disant qu’un dixième dela voie publique est habituellement enlevé à la circulationpar toutes ces usurpations particulières : la circulation y estdonc d’un dixième moins libre qu’elle ne le serait sans cesempiètements (•).
Elle y est peut-être encore plus embarrassée par le peud’équité avec lequel on s’y partage la place. Chacun prétendavoir à sa disposition toute la largeur de la rue : les cavalierset les voitures veulent aller sur les côtés comme au milieu;les gens à pied au milieu comme sur les côtés. Tout le monde ycourt donc pêle-mêle, et celte confusion qui ne laisse pasde gêner beaucoup la circulation des voitures et des cava-
(') Ces remarques, que je publiais au mois de juin 1828, en appe-lant sur ce sujet intéressant la sollicitude de la police municipale, ontégalement perdu depuis une partie de leur vérité. Je les conservecomme un monument des habitudes qui gouvernaient alors la populationparisienne, et dont elle est loin d’être entièrement corrigée. F. sur cepoint des détails curieux et tort exacts que le Courrier du 26 août1841 empruntait au journal le Temps.