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Tome second.
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LIVRE VIII, 011. III. I>E LA LIBERTÉ

liers, rend la marche des piétons excessivement pénible etmême dangereuse. D’après des relevés faits dans les recher-ches statistiques publiées par M. le préfet de la Seine, on peutporter à quinze personnes, terme moyen, le nombre d’indi-vidus annuellement écrasés par des voitures dans les rues deParis. Deux règles bien simples pourraient mettre un peud’ordre dans la confusion qui y règne : la première serait qu’ilse fit un partage de la rue entre les gens à pied et les gensà équipages; que ceux-ci passassent au milieu et les piétonssur les côtés; la seconde, que toute personne prît sa droiteà la rencontre d’une autre. C’est l’ordre qu’on observe enAngleterre, et il y contribue infiniment à la liberté de la cir-culation. 11 est vrai que les rues anglaises s’y prêtent infini-ment mieux que les nôtres; mais, moins nos rues sont con-venablement disposées pour la marche et plus l’ordre seraitnécessaire pour y circuler sans trop d’embarras ( 1 ).

On voit combien la justice dans l’usage des voies ouvertesa la circulation peut contribuer à la liberté du voiturage. Ce-pendant ce ne serait pas assez de s’abstenir de toute entre-

(') Ceci se rapporte encore à une situation qui a cessé d’être abso-lument vraie: 11 y a toujours beaucoup d’encombrement dans les ruesde Paris; mais depuis l’établissement des trottoirs, la confusion y estmoins grande. D’après une note insérée dans les Déliais du 25 déc.1859, la moyenne des personnes tués par des voitures dans les ruesde Paris, du commencement de 1854 à la fin de 1857, n’aurait été,malgré le mouvement croissant de la circulation, que de 8 par année.

La confusion, dans les rues de Paris, diminuée par l’établissementdes trottoirs, pourrait l’être d’une manière non moins sensible par demeilleures habitudes dans la population. Il n’est pas douteux qu’unegrande partie des accidents qui arrivent ne doivent être attribués à laprécipitation et à l’impatience des passants, tant à pied qu’à cheval eten voiture. M. Simon, dans ses Observai, recueillies en Angl. en 1855,a fait remarquer combien d’encombrements et d’accidents déplorablesétaient prévenus à Londres par le bon sens équitable du public et parla discipline qu’il observe dans la circulation.