Band 
Tome second.
Seite
228
JPEG-Download
 

228

LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ

mer Noire et la Méditerranée. Les Danois, placés sur le Sund,prétendront interdire toute communication entre l’Océan etla Baltique, ou ne livreront passage aux navires qu’en met-tant les navigateurs à rançon ('). Les Anglais, daus leurschants populaires, s’appelleront insolemment les maîtres dela mer (Bule Brilannia ), et souvent ils se conduirontcomme si, en effet, la nature avait fait de l’Océan la propriétéparticulière des îles britanniques.

Et quand telle est, des uns aux autres, la violence descorps politiques, on pense bien qu’ils ne se conduiront pasavec plus de justice envers les individus. Si, au point de ci-vilisation où ils sont parvenus, il leur arrive moins aujour-d’hui qu’autrefois d’accorder à quelques-uns des privilègescontraires aux droits et il l’intérêt des autres, ils exerceront,à divers égards, pour leur propre compte, une juridiction ar-bitraire également opposée à la liberté de tous. Ils ne se con-tenteront pas de faire la police de l’industrie voiturière, ilsprétendront la régler souverainement et pour ainsi dire àlitre de maîtres. La société, la personne publique s’empa-rera, par exemple, du cours des rivières et voudra en dispo-ser comme d’un bien domanial. Elle se réservera le droit ex-clusif d’ouvrir des chemins et des routes. Il ne sera possibled’établir aucun moyen public de transport, aucuns coches deterre ou d’eau, diligences, locomotives, bateaux à vapeur,qu’après en avoir obtenu d’elle la permission. Elle seule aurale droit d’établir des relais sur les roules. Elle seule pourra

(') D’après des documents publiés par la presse anglaise, le gouver-nement Danois ne percevrait pas annuellement moins de 200,000 liv.st. (5 millions de francs) des navires étrangers<pii franchissent le Sund.I.a chambre des communes a dù éirc saisie, en 1841, des plaintes ducommerce britannique au sujet de cette exaction. V. nu article duMornrng Chronicle, cité par le CüurricrFrançais du 4 mars 1841.