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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. III. I)E LA LIBERTÉ

blics, la société remplit mieux, relativement à l’industrie dontnous nous occupons, cette partie si essentielle de sa tâche.

Nul doute encore que si elle sert utilement l’industrie voi-turière en la mettant à l’abri de tout trouble extérieur, ellene lui rende également un signalé service en contraignantses agents à l’exercer avec précaution; en les punissant, s’ily a lieu, du mal qu’ils peuvent faire; en les obligeant, au-tant que possible, à le réparer. On sait quels lamentables ac-cidents peuvent causer par leur imprudence ou leur incurieceux de ses agents qui sont préposés â la conduite des voi-tures, des locomotives, des bateaux à vapeur. 11 y en a d’in-nombrables exemples. Une enquête faite aux États-Unis (')a constaté qu’en trente ans, de 1807 à 1837, deux mille per-sonnes avaient péri, et cinq cents avaient été mutilées parsuite d’accidents arrivés dans l’usage seulement des bateauxà vapeur. Rien de plus juste et de plus nécessaire, à ne con-sidérer même que l’intérêt de l’art des transports, que deréprimer la négligence ou la témérité de ceux à qui peuventêtre justement imputés de tels désastres.

Et ce n’est pas seulement quand elles ont eu ces déplo-rables résultats que la société devrait punir la négligence oul’imprudence des agents de l’industrie voiturière, mais alorsmême qu’il n’en serait résulté rien de fâcheux, et par cela seulqu’elles auraient pu avoir des suites funestes. Prenons gardeen effet qu’il ne doit pas être défendu seulement d’estropierou de tuer les voyageurs, mais encore de les exposer, et quele seul fait de compromettre leur sûreté est déjà très punis-sable. C’est certainement une lacune et une imperfection,dans la législation pénale de l’Angleterre et des États-Unis,de ne poursuivre les agents de l’industrie voiturière, pour les

(') Elle est citée parle major Poussin, dans son dernier ouvrage.