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IJVUE VIII, CH. III. DE L.V LIBERTÉ
on propose d’un coup l’ouverture de six cents, onze cents,trois mille, six mille, treize mille lieues de voies d’une naturequelconque, on permet à tout le monde de supposer que l’in-térêt commercial de ces classements a été faiblement étudié.
Veut-on juger, au surplus, combien peu il est tenu comptede cet intérêt, dans les classements de routes? Qu’on prennela peine de rechercher, pour peu qu’on soit en mesure de selivrer à ce genre d’investigation, quels sont en général lesmotifs qui donnent lieu à ces classements, et sur quellesraisons banales, sur quelles vagues et vides données, dansla plupart des cas, ils se décident.
Il y a un autre moyen de vérification. Qu’on cherche cequ’il a été ouvert dans chaque département de routes dépar-tementales ou vicinales, et qu’on voie combien peu l’étendueen est en rapport avec ce qu’il y a dans chacun d’industrieet de richesses développées. Naturellement, on croirait quela où l’industrie est le plus avancée et le plus active, l'a oùil y a le plus de transports à effectuer, l'a aussi s’est ouvertle plus grand nombre de routes. On se tromperait. Elles sesont multipliées moins en raison des besoins qu’en raisondu zèle. Des départements nécessiteux ont plus fait en tra-vaux de ce genre que des départements très opulents : laLozère a plus fait que la Seine-Inférieure, les Basses-Alpesque le Pas-de-Calais, le Morbihan que Seine-et-Oise, laCorrèze que la Meuse, les Ilaules-Pyrénées que la Meurthe;la Dordogne a fait presque autant que la Meuse et la Meurtheréunies : moins on était avancé, moins on avait à transporterd’hommes et de choses, et plus on croyait faire merveille enépuisant ses ressources à multiplier sur son territoire desroutes construites selon toutes les règles de l’art ( 1 ).
(’) F. dans l’ouvrage de. M. M. ëhcvalier, intitulée : Des intérêts