23G uvre vin. cii. ni. de la liberté
où il y a le plus de transports à effectuer ; et c’est mêmeainsi qu’elle agit plus ou moins, par la seule force des cho-ses. Mais qu’arrive-t-il ? Une chose qu’il est permis de direcriante, et dont la justice distributive est blessée on ne peutplus grièvement : c’est que tout le monde est mis à contri-bution pour des travaux dont la plus grande partie est forcé-ment exécutée sur quelques points privilégiés du territoire,et que de la sorte les régions pauvres sont continuellementrançonnées pour accélérer encore le progrès de celles quisont naturellement les plus favorisées et qui ont déjà leplus d’avance (’ ).
La justice commande donc impérieusement, ne fut-ce quepar forme de compensation, et pour dédommager les partiespauvres du pays du concours qu’elles ne cessent de prêter àl'avancement des parties riches, d’exécuter chez elle des tra-vaux plus ou moins équivalents aux contributions qu’on leurdemande.Maisalors se manifeste un autre grand inconvénient:c’est qu’une multitude de travaux sont entrepris hors deleur vraie place, sur des points ou ils sont prématurés, et quede grands capitaux reçoivent ainsi une destination très mé-diocrement fructueuse; de sorte qu’on ne satisfait, mêmeincomplètement, la justice qu’au prix de l’utilité, et que, pourréparer imparfaitement un premier mal, on en fait un secondinfiniment grave.
Notons en outre que, dans un système où la communautése charge ainsi de l’exécution des travaux publics, ce dernier
(') M. Chevalier, dans l’ouvrage que je viens de citer, rend fort sen-sible l’inégalité que je signale ici : V. les notes A et £> à la fin du volume.Mais l’auleur réclame nue répartition plus égale, sans prendre gardequ’en bien des cas on ne pourrait écouter la justice qu’en sacrifiantl’utilité. Le vice est dans le système qui attribue à la communautéla charge d’exécuter les routes.