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LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ
qu’on fasse que les travaux exécutés avec les ressources com-munes ne profitent pas très inégalement à ceux qui ontfourni les moyens d’exécution.
Ainsi, dans le système qui charge la communauté de laconstruction des voies nécessaires à l’exercice de l’indus-trie voiturière, ces voies sont inévitablement classées dansun esprit systématique qui prend très faiblement en consi-dération les vrais intérêts de cette industrie, et dont les effetssont encore agravés par le désir de faire, autant que possible,participer au bénéfice de ces travaux toutes les fractions dupays qui concourent à la dépense : désir fort naturel sansdoute, mais inspiré seulement pat l’équité, et qui permetd’autant moins de considérer l’intérêt commercial, qu’il faitplus d’efforts pour arriver à la justice, et qu’il tend ainsi da-vantage à multiplier les classements anticipés.
Ajoutons que l’autorité, qui tient si imparfaitement comptede l’intérêt commercial, dans le classement des voies, nepeut guère mieux le considérer dans le choix des formesqu’elle leur donne, et qu’à cet égard encore, elle procèded’une manière trop générale pour pouvoir se proportionnerconvenablement à l’état des lieux, à la nature et à l’étenduedes besoins à satisfaire. Il importe à un haut degré, sans doute,de perfectionner partout les voies établies, mais en les tenantpartout dans un juste rapport avec les services qu’elles doi-vent rendre, avec l’importance des transports qu’elles ser-viront à effectuer. Tandis qu’en de certains lieux il ne fautpas, pour suffire à l’activité des communications, moins quedes voies de la nature la plus puissante, et, par exemple, moinsque des chemins de fer, il est possible qu’ailleurs un sen-tier, un chemin de pied suffisent, et que, raisonnablement,et pour rester en rapport avec les besoins, il n’y ait pas à fairemieux. Cela dépend tout à fait des circonstances; et s’il est