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Tome second.
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LIVRE VIII, CH. III. DE LA LIBERTÉ

en laissant toute liberté de les établir, est de soumettre, dèsleur mise en circulation, l’état'où ils se trouvent et l’usagequ’on en fait à une surveillance assidue. Mais c’est l’inversede cela qui se pratique. On les soumet, avant qu’ils ne soientétablis, à des expertises, à des vérifications, à des formalitéssans nombre; et puis, quand, avec ses distractions, son in-souciance ou son caprice accoutumés, la censure préalable afait son office et accordé son exeat , on n’y regarde pour ainsidire plus, et toute inspection cesse alors précisément que lebesoin d’une inspection active commencerait a se faire sentir.De sorte que tout semble avoir été arrangé pour qu’il y aitbeaucoup de gêne et peu de surveillance; tandis qu’il fau-drait, au contraire, le moins de gêne et le plus de surveil-lance possibles; le moins de gêne possible avant l’établisse-ment des véhicules, et, après qu’ils sont établis, le plus desurveillance possible pour réprimer les négligences et les im-prudences capables d’entraîner des accidents.

Il ne faut pas inférer de là sans doute qu’il serait à propos,sur ce point plus que sur tout autre, de renverser sans ré-flexion l’ordre établi : il va sans dire qu’avant tout il fautqu’on voie avec netteté en quoi cet ordre blesse la justice etne va pas au but proposé; mais ce progrès serait certaine-ment très désirable, et l’on comprend que l’industrie voitu-rière, qui est aujourd’hui fort gênée dans l’établissement deses véhicules, et très imparfaitement surveillée dans l’usagequ’elle en fait, se trouvera dans une situation bien meilleurelorsque les habitudes publiques qui soutiennent la censurepréalable à laquelle elle est assujétie sur ce peint auront faitplace, dans l’esprit public, à des dispositions plus intelli-gentes et plus justes.

Enfin il n’est pas douteux que la société n’ait fait bien du