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l.IVRE VIII, CH. III. DE I.A UBERTÉ
causes, où ils ne se fussent peut-être pas aventurés sans cetappât. On peut admettre que la certitude donnée à l’industrieindigène de ne pas rencontrer la concurrence étrangère surle marché national a pu, en lui inspirant de la confiance, luiimprimer d’abord une certaine activité, et concourir ainsi audéveloppement de ses forces. II est encore plus naturel decroire que ces effets ont dû devenir plus sensibles lorsqu’à lasécurité qu’inspirait l’exclusion de la concurrence étrangèresont venues se joindre, à l’intérieur, les vives excitations dela liberté, et la possession de tous les pouvoirs, de tous lesmoyens d’action que la liberté a fait naître.
Ainsi, que le régime prohibitif, que le privilège plus oumoins absolu attribué aux producteurs indigènes d’approvi-sionner les consommateurs nationaux ait dû, comme le sys-tème tout entier dont il n’était qu’une dépendance, avoir saplace et une grande place dans l’histoire de la civilisation, et,comme des systèmes pires encore, qu’il ait eu un certainnombre de bons effets , cela n’est certainement pas niable;mais ce qu’on peut encore moins nier, c’est qu’il n’ait pro-duit un bien plus grand nombre d’effets fâcheux, et que ceseffets ne soient de moins en moins rachetés par ce qu’on a pului devoir, à quelques égards, de résultats favorables.
La société, en donnant à chaque classe d’industries, dansle régime prohibitif, le monopole du marché national, serend coupable de beaucoup d’injustice, pour arriver à beau-coup de difficultés et préparer de déplorables perturbations.Les industries nationales, dans ce régime, sont implicitementconstituées en grandes corporations privilégiées, et ces cor-porations sont des forces que le gouvernement crée contrelui-même, qui seront entr’elles dans un inévitable état d’hos-tilité, et qui, réunies, provoqueront immanquablement contrele pays l’animosité et les représailles des autres nations. Je