Band 
Tome second.
Seite
254
JPEG-Download
 

254

LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ

monde, oppose le plus d’obstacles aux rapprochements, àl’espèce de fusion que l’industrie voiturière tendrait à opé-rer entre eux sous mille rapports.

A l’intérieur et à l’extérieur, le régime prohibitif est doncvisiblement une cause de trouble et de discorde, et cet effet,qui s’est déjà manifesté par tant de luttes, deviendra de plusen plus évident à mesure que les inconvénients du systèmedeviendront eux-mêmes plus sensibles, et que son existencesera, comme il faut s’y attendre, plus combattue et plusmenacée.

En même temps, d’ailleurs, qu’il divise les hommes, iloppose de graves obstacles au progrès des diverses industries.Il a, dans une grande mesure, le tort d’intervertir partoutl’ordre naturel de leur développement et d’imprimer à leurexpansion une direction très irrégulière ; d’en fomenter danschaque pays un certain nombre qui n’auraient, pour le momentdu moins, aucune chance de s’y établir d’elles-mêmes, et d’yenchaîner l’essor de celles qui pourraient le mieux y réussir;d’enchérir par là très sensiblement les produits de toutes, et,en troublant ainsi le cours des choses, d’installer partout lacontrebande, qui se donne la mission de rectilier ses plusgrands écarts, et qui, de toutes les industries qu’il a la pré-tention de rendre florissantes, est, sans aucun doute, et aumilieu même des efforts lit pour la réprimer, celle qu’ilexcite, qu’il chauffe, qu’il fomente le plus vivement.

Il diminue pour toutes, sous un autre aspect, les chancesnaturelles qu’elles auraient de prospérer. Il ralentit sensible-ment leur marche, en isolant les nations qui les pratiquent,et en exigeant que les mêmes découvertes soient refaites au-tant de fois qu’il y a de peuples séparés. 11 la ralentit encoreen empêchant très sensiblement les matières premières, lescapitaux, les machines, les hommes, les idées, les inventions,