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LIVRE Vin, CH. III. DE LA LIBERTÉ
force de paraître le plus fort, tandis qu’ici c’est à qui réus-sira à se montrer le plus impuissant et le plus débile. S’a-git-il par exemple de tissus de laine? Nos fabricants décla-rent que leur ruine est assurée s’ils ne sont protégés contrela concurrence belge par des droits de 30 et 10 pour 100,tandis que, de son côté, la Belgique affirme qu’elle est restéeénormément en arrière, et qu’elle a eu le tort très grave dene pas protéger suffisamment son industrie. Des deux partsà la fois on assure qu’on a toutes sortes de désavantages : onva jusqu’à prétendre, du côté de la France, que le retrait dela prohibition, quel que fût le droit qui la remplaçât, amène-rait une lutte dans laquelle les fabriques françaises demeure-raient inévitablement écrasées ; et telle est, en même temps,la terreur éprouvée par la Belgique, qu’on propose d’élever à280 francs par 100 kilogrammes de laine le droit qui n’étaitjusque-là que de 180 francs ('). On tient, également des deuxcôtés, la concurrence anglaise pour quelque chose d’exces-sivement formidable, d’absolument invincible; et l’Angle-terre toutefois, malgré la terreur qu’elle inspire, est si peusûre d’elle-même, qu’avant M. Iluskisson elle ne trouvait passes tissus de laine trop défendus par un droit de 50 pour100 (®), et qu’à l’heure qu’il est, elle les couvre encore d’uneprotection de 15 pour 100.—On trouve un second exemplede ces effrois qui se contredisent, dans la lutte des tissus decoton. Il n’y a que peu d’années encore, l’Angleterre, quiinonde le globe de ses produits en ce genre, qui en exporte * (*)
(0 Enquête industrielle française de 1854, publiée par le Ministèredu Commerce, t. T, p. 173 et 260, et t. 111, p. 34 à60 .—Enquête belgede 1840: interrogatoire de MM. Delvignes et Clavereau, et mémoirede la Chambre de commerce de Verviers.
(*) Discours de ce ministre à la Chambre des communes ; séance du23 mars 1823.