Band 
Tome second.
Seite
260
JPEG-Download
 

‘260

LIVRE VIII, CH. III. PE LA LIBERTÉ

anglais avoue que son industrie est en mesure de se défendrecontre la concurrence française ; mais il insiste néanmoinspour être protégé , c’est-à-dire pour être indûment affranchide toute concurrence extérieure, et quand on lui demandece qu’il craint, il répond qu’iï craint tout et proteste contretout abaissement des tarifs (f). À côté de ce fabricant anglaisqui craint tout, bien qu’il ne redoute pas la concurrence fran-çaise, je puis faire figurer un fabricant belge qui accuse lacristallerie française d’inonder de ses produits la Belgique,hors d’état de se défendre, dit-il,malgré l’élévation des droits ;et, en regard de ce dernier, un fabricant français vous attes-tera que les verreries belges ont sur les nôtres toute sorted’avantages, qu’elles peuvent donner pour 8 et 20 francs ceque nous ne pouvons donner que pour 15 et 50, et qu’en dé-pit du droit qui nous protège, elles nous font une concurrencecontre laquelle il nous est impossible de lutter (').

C’est ainsi qu’on s’escrime à paraître petit et faible, et telleest l’émulation de ces frayeurs, qui font également explosionpartout, et qui enchérissent les unes sur les autres. Or, onpeut bien admettre qu’elles sont toutes sincères, mais non pasqu’elles sont toutes fondées, et que tout le monde a raisond’avoir peur, qu’aucune nation n’est en mesure de supporterla eoncurence d’aucune autre.

Je suis bien plus tenté de penser que leur plus grand inté-rêt à toutes serait d’être sagement préparées à l'établisso-

ns. — Enquête belge; interrogatoires de MM. liriavoine, Pétcrinck,liouchande, Bavé, etc.

(* *) Discours du comte Beuguot à la Chambre des pairs. Séance du24 janv. 1845.

(*) Enquête belge; interrogatoire de MM. Houtart, Lelièvre et Fres-son. — Enquête française, t. I, p. 250 et 231; t. II, p, 192, 222, 230et passim.