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LIVRE VIH, CH. III. DE LA LIBERTÉ
samment contribué au développement des industries que leterritoire renferme. Personne ne conteste non plus que l’ex-tension graduelle qu’a prise notre marché pendant la duréede la République et de l’Empire, n’ait eu des résultats pareils.Je sais bien que les fauteurs du régime exclusif attribuentsurtout ces résultats à l’isolement où la révolution nous avaitplacés du reste de l’Europe. Mais les plus exagérés ne nientpoint que l’agrandissement du marché national n’y ait égale-ment concouru; ils ont, au contraire, grand soin, dans l’apo-logie qu’ils font du blocus continental, de faire remarquer àquel point les inconvénients reprochés à ce système étaientrachetés pour nous par la vaste étendue donnée à notre mar-ché, et ils se prévalent de celle qu’il conserve encore, et de lagrandeur de l’espace dans lequel le voiturage peut s’y mou-voir en toute liberté, pour maintenir le régime de l’isolementindustriel de la nation et mettre ce régime a l’abri de tonteatteinte. Enfin, si l’on ne conteste pas les avantages qu’a euspour notre industrie l’agrandissement successif du marchénational, depuis la suppression des douanes intérieures del’ancienne France jusqu'aux dernières acquisitions de laFrance de la Révolution et de l’Empire, et au dernier dépla-cement des douanes impériales, il n’y a pas davantage à con-tester les services qu’a déjà rendus à l’industrie allemande lasuppression de toute barrière entre les divers États qu’em-brasse le Zollverein. Cet affranchissement a imprimé à l’in-dustrie de tous l’impulsion la plus salutaire; et non-seule-ment les souffrances partielles qui ont pu résulter sur quelquespoints d’une liberté brusquement établie n’ont nullement ar-rêté le cours si heureusement accéléré de la prospérité géné-rale, mais les lieux mêmes qui avaient momentanémentsouffert se sont promptement relevés, et l’industrie de Berlin,par exemple, un moment déconcertée par le redoutable con-