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turéesde l’industrie européenne, il n’aurait certes passulïi deces expédients pour faire de ces pays des pays manufacturiers.On peut, je crois, sans beaucoup de témérité, mettre les fau-teurs du régime prohibitif au défi de citer des exemples de po-pulations encore engourdies dont ce système ait eu le pouvoird’éveiller l’activité, ou de nations véritablement actives, quede libres communications avec des sociétés industrieuses etriches aient fait tomber dans l’engourdissement.
Pour bien apprécier, au surplus, l’effet de telles relations,il n’y a qu’à l’observer au sein même de grands pays, où ellesmettent en contact des industries et des territoires ayant lesintérêts en apparence les plus opposés. Admettons-nous, dansl’intérieur du royaume, qu’il soit au pouvoir des provincesavancées de nuire par leur concurrence à l’avancement desprovinces en retard ? Croyons-nous que l’agriculture de laFlandre fasse obstacle 'a celle du Languedoc, ou que les fa-briques de l’Alsace arrêtent les progrès de celles de Rouen?Pensons-nous qu’il soit au pouvoir de l’industrie lyonnaised’empêcher qu’il s’établisse des métiers à soie ailleurs quedans le département du Rhône sans le secours des prohibi-tions, ou que, sans la même assistance, il ne se puisse éleverde fa Iniques de coton ailleurs qu’à Saint-Quentin ou à Mul-house? Les partisans du régime prohibitif sont si loin de lesupposer, qu’ils ne cessent d’exciter les départements méri-dionaux, ennemis par position de ce système, à importer chezeux l’industrie des départements du Nord et de l’Est. Imitez,leur dit-on, l’exemple que ces départements vous donnent.Créez au milieu de vous de grands foyers d’industrie : faitesdes cotons comme à Mulhouse; faites des soieries comme àLyon; fabriquez des draps et des tissus de laine comme àReims, à Sedan, à Elbeuf, à Louviers : l’état avancé de ces dé-partements vous sera un secours, non un obstacle ; votre pa-