Band 
Tome second.
Seite
265
JPEG-Download
 

1>E L’iNnilSTUlE VOITURIÈRE.

205

resse sera naturellement stimulée par le spectacle de leur ac-tivité; leur intelligence éveillée donnera l’éveil à la vôtre ;tous leurs ateliers vous sont ouverts; tous leurs secrets voussont livrés; ils ne demandent pas mieux que de vous inoculerleur savoir-faire; voyez comment sont montés leurs métiers,comment sont organisées leurs fabriques; demandez-leur deschefs d’atelier; faites venir de chez eux quelques maîtres-ou-vriers qui soient en état de dresser les vôtres... Voilà qui estpuissamment raisonné, et je n’ai pas une objection à faire.Mais, s’il est vrai, comme avec raison on l’aflirme, que nosdépartements arriérés peuvent profiter et profilent en effet àun haut degré de leurs libres communications avec ceux quiont de l’avance, pourquoi ceux-ci souffriraient-ils de commu-nications semblables avec des pays encore plus avancésqu’eux? S’il n’y a point à s’inquiéter pour la Touraine de laconcurrence du Lyonnais, pour le Languedoc de celle de laNormandie, ni pour le Bordelais de celle de l’Alsace, pour-quoi s’effrayerait-on pour la Normandie de la concurrencedu pays de Liège, ou de celle du Lancashire pour nos dé-partements du Nord et du Haut-Rhin?

S’il y avait péril à ouvrir de libres relations avec des paystrès industrieux et très riches, il y aurait péril à voir des por-tions quelconques du royaume s’élever rapidement à un hautdegré d’industrie et de prospérité. Il serait aussi à craindre,par exemple, de voir la Picardie et l’Artois devenir indus-trieux et riches comme la Belgique, que de voir la Belgiquemême commercialement unie au territoire national. Cepen-dant , quelque progrès que l’Artois et la Picardie pussentfaire, imaginerait-on de s’en inquiéter pour l’avancement dureste du pays? Ne regarderait-on pas, au contraire, cetteheureuse transformation comme très favorable aux progrès dureste du royaume? Mais, s’il n’est pas possible de s’alarmer