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Tome second.
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UVIIE VIII, C1I. III. DE I.A LIBEK'I'E

des rapides développements qu’une partie du territoire pour-rait prendre, comment serait-il raisonnablement possible decraindre l’union commerciale au territoire d’un pays trèsdéveloppé?

La terreur que paraissent causer ces sortes d’unions estd’autant plus singulière que, dès qu’elles s’opèrent par voiede conquête, elles cessent aussitôt d’être redoutées, et nerencontrent plus d’objection d’aucune sorte. Ainsi, que laBelgique, ou tel autre pays dont l’industrie serait encore plusavancée, vinssent a être acquis par la voie des armes, queleur réunion à la France fût confirmée par des traités et pardes lois, et nul, j’en suis assuré, n’y verrait à reprendre, etnulle industrie ne s’aviserait de dire que cette union va de-venir une cause de ruine et porter le dernier coup au travailnational... Cependant, voudra-t-on m’expliquer comment laBelgique, incorporée à la France par voie de conquête, necauserait aucun dommage à son industrie, et comment ellel’écraserait, au contraire , dans le cas où elle lui serait uniepar un lien purement commercial ?

On dit : la Belgique, plus avancée que la France, ferait, danstous les cas, une concurrence fatale à son industrie; mais peuimporterait, ajoute-l-on, dans le cas où elle lui serait acquise :comme elle ferait alors partie du domaine national, ce quepourraient perdre d’autres régions du royaume serait gagnépar celle-ci, et, en résultat, la situation du pays entier res-terait la même.— Voilà qui est au mieux, et l’argument se-rait irrésistible, si les prémisses pouvaient être acceptées. Maiscomment admettre que la Belgique, devenue province fran-çaise, nuirait nécessairement par sa concurrenceaux provincesmoins avancées, tandis qu’on soutient d’un autre côté que lesprovinces très avancées ne causent aucun dommage aux pro-vinces restées en arrière; que leur concours, au contraire, les