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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ

pide, et le progrès fut tel qu’on vendit bientôt comme françaisdes articles anglais. Lors de l’admission des soieries et desgants de France, ajoutait le même ministre, on déclara quec’était le signal de la ruine des ouvriers anglais; et qu’arriva-l-il? précisément le contraire. » C’était par la crainte de laconcurrence extérieure, sous le ministère de M. Canning, quele gouvernement anglais cherchait à aiguillonner l’industriede ses sujets, et à la rendre plus habile et plus active. Aulieu d’établir de nouvelles prohibitions, il commençait a leverles anciennes, et c’étaient précisément les industries les plusfaibles qu’il soumettait les premières au régime fortifiant dela liberté : c’était aux fabricants de soieries, les moins avan-cés de tous, les moins capables de lutter contre la concur-rence française, qu’il retirait d’abord, et avec le plus grandfruit pour eux, le funeste appui des prohibitions. Les mêmesmoyens ont produit maintes fois chez nous des effets sem-blables. En 1823, les fabricants de Lyon niaient la possibilitéde fabriquer à meilleur compte qu’ils n’avaient fait jusque-là. Vers celle époque, des ouvriers anglais expatriés les aver-tirent de ce qui se passait en Angleterre et du développementqu’y prenait la fabrication des soieries. L’éveil fut donné dansla ville, et les mêmes fabricants, qui avaient jusqu’alors ob-stinément nié la possibilité des économies, découvrirent bien-tôt qu’il était possible de faire, seulement sur les frais de tis-sage, une épargne de 50 à 60 pour 100. Un manufacturiertrès expérimenté, M. llrongniart, directeur de la fabriqueroyale de porcelaine de Sèvres, était positivement d’avis, il ya vingt ans, qu’il ne manquait chez nous à la poterie, pourobtenir les plus brillants succès, que d’être mise dans la né-cessité de lutter contre la concurrence étrangère. Tel est,écrivait-i), l’avantage de la France dans le prix de la plupartdes choses nécessaires à ce genre de fabrication, que, malgré